DE SALARIÉE À ENTREPRENEURE

De salariée à entrepreneure du changement

Soyons clairs, je ne me suis pas levée un matin en me disant que j’allais devenir entrepreneure. Celles et ceux qui pensent que pour entreprendre il faut avoir l’idée du siècle, c’est une erreur ! L’idée du siècle n’existe pas…

Un évènement qui a tout changé

Tout a commencé en avril 2015. J’étais salariée d’une très belle entreprise française avec une forte culture d’entreprise et un fort sentiment d’appartenance. J’étais heureuse et épanouie de me lever tous les matins pour aller travailler. Je savais que j’allais retrouver une ambiance bienveillante. Toute l’équipe travaillait dur et nous étions tou.te.s dans une belle dynamique. Mes collègues étaient très sympas et j’étais reconnue et appréciée de ma hiérarchie.

Le fondateur et actionnaire majoritaire de l’entreprise a décidé de vendre à un groupe américain. Les dirigeants sont partis et une bonne partie de mes collègues aussi. J’ai tenu 2 ans après le rachat. Cette période m’a permise d’accueillir ma deuxième fille. Ces 2 ans m’ont aussi amené à me poser beaucoup de questions sur moi-même, mes aspirations, mon avenir professionnel, mes objectifs de vie, mais surtout sur la capacité des entreprises françaises à valoriser autre chose que le niveau d’études de leurs salariés.

Je “n’avais qu’un Bac+3” et la réalité me rattrapait : pas de vraie évolution possible sans un Bac+5 !

Un bilan de compétences pour orienter ma boussole interne

De nature un peu audacieuse, je décidais que je ne voulais rien devoir à personne et que j’allais reprendre mes études. Après un bilan de compétences et une rupture conventionnelle, je faisais le choix de m’inscrire en Master 1 Management et Administration des Entreprises à l’IAE de Lyon. Pour être tout à fait honnête, je n’avais aucune idée de ce que j’allais faire après et de ce à quoi ce diplôme allait me servir. Avec le recul, je crois que j’avais surtout besoin de respirer après ce rachat que j’avais finalement très mal vécu.

Mais en réalité, je savais déjà ce qui m’animait au plus profond de moi-même. Simplement, je n’étais pas assez mûre pour voir la réalité en face. En effet, dernièrement j’ai relu mon bilan de compétences et en 2017, j’avais déjà écrit noir sur blanc tout ce qui allait me conduire au projet que je porte aujourd’hui : 

  • l’éducation des enfants
  • la cuisine, les plaisirs culinaires et la créativité qui en découle
  • me sentir utile et m’engager dans une cause qui me touche

2 années d'études pour me révéler à moi-même

Mon année d’études en Master 1 à l’IAE de Lyon a été une vraie bouffée d’oxygène. La formation m’a ouvert l’esprit. J’ai rencontré des personnes absolument formidables. Je me suis nourrie de lectures et d’échanges sur la transformation de notre société, des modèles économiques, etc. J’avais l’impression que tout était possible en entreprise du moment que les dirigeants étaient animés par la volonté de faire bouger les lignes. 

Mon année d’études en Master 1 à l’IAE de Lyon a été une vraie bouffée d’oxygène. La formation m’a ouvert l’esprit. J’ai rencontré des personnes absolument formidables. Je me suis nourrie de lectures et d’échanges sur la transformation de notre société, des modèles économiques, etc. J’avais l’impression que tout était possible en entreprise du moment que les dirigeants étaient animés par la volonté de faire bouger les lignes. En parallèle, j’ai du redevenir stagiaire… pas évident quand on a 10 ans d’expérience à son actif, mais j’ai joué le jeu. Cette première année m’a donné envie de poursuivre vers un Master 2. 

Valérie IAE Lyon

Durant l’été 2018, je déménageais avec mes 2 filles, pour intégrer en septembre un Master 2 Communication d’Entreprise et Conduite du Changement à l’IAE d’Aix-en-Provence. J’y ai passé une très belle année durant laquelle j’ai continué à m’interroger : redevenir salariée ou développer mon propre projet ? Mais quel projet ? Dans quel domaine ? Je n’en avais aucune idée. Mais plus le temps passait et moins le salariait me faisait rêver. En revanche, je me disais qu’après tout ce que j’avais accompli jusque-là, je ne pouvais pas m’arrêter en si bon chemin. En effet, une partie de moi-même s’était révélée. Je me rendais compte que j’étais ambitieuse, persévérante et que les challenges ne me faisaient pas peur !

Entreprendre quand on n'y connait rien !

Durant l’été 2019, quelques semaines avant la fin de mon Master 2, j’ai commencé à m’interroger sur le domaine dans lequel je pourrai entreprendre et agir à mon niveau. Les domaines de l’enfance et de l’alimentaire m’ont vite rattrapé. Je voulais agir pour une alimentation plus saine pour nos enfants. 

Souhaitant entreprendre mais n’y connaissant absolument rien (personne n’est entrepreneur dans ma famille), je me suis dit que la meilleure manière d’y arriver était de demander de l’aide. C’est grâce à une personne d’Aix-Marseille Université que j’ai connu MakeSense. Je me suis inscrite à un de leur programme gratuit, le Sprint. Ce programme consiste à aller rencontrer sa cible pour valider une problématique et un besoin. Au départ, je souhaitais m’attaquer au goûter des enfants. En effet, je constatais que nos petits consommaient beaucoup de produits industriels ultra-transformés et surremballés à l’heure du goûter. C’est donc dans la perspective de trouver une solution que j’ai suivi le sprint “comprendre sa cible” de MakeSense fin 2019 puis le sprint “Prototypage” début 2020. Vous pouvez d’ailleurs lire mon témoignage sur le programme. 

Par la suite, j’ai tapé à plusieurs portes pour poursuivre ma démarche entrepreneuriale. Certaines se sont fermées (cela fait partie du jeu), mais je ne me suis pas découragée. Grâce à l’IRCE, où j’avais postulé avec mon projet, j’ai pu suivre un programme d’accompagnement à la création d’entreprise. Toutefois, je sentais que je n’étais pas très en phase avec mon envie d’améliorer le goûter des enfants. Je n’arrivais pas vraiment à me projeter sur le long terme et je ne savais pas comment j’allais pouvoir évoluer avec cette idée. Néanmoins, j’étais de plus en plus certaine que je voulais entreprendre et agir pour une alimentation plus juste pour les enfants. 

Le parcours entrepreneur de Ticket for Change

La révélation est arrivée grâce au parcours entrepreneur de Ticket For Change. J’ai eu la chance d’être sélectionnée pour intégrer le programme en juin 2020. J’ai pris conscience que mon grand-père jouait un rôle important dans ce projet ; qu’il m’avait transmis l’amour de la nature, des bons produits et du bien-manger (retrouvez mon histoire). 

Un travail de recherche approfondi, d’enquêtes terrain, de rencontres avec des experts, etc. m’ont permis de comprendre que j’avais envie d’agir pour l’alimentation des enfants de manière globale et pas seulement le goûter. La suite sera le prototypage de mon idée et son test sur le terrain. Le lancement d’une offre pour Noël 2020. Un changement de nom. Beaucoup d’ajustements, des erreurs, des problèmes à résoudre, des réussites, de belles rencontres, etc. 

Valérie Brousson

Une histoire qui ne fait que commencer

En février 2021, j’ai été lauréate de la première promotion du NutriLab : un programme d’accélération de start-ups créé par INCO, en partenariat avec Elior, Ramsay Santé et Pfizer Innovation France.

Mais à l’heure où j’écris cet article, l’histoire ne fait que commencer. Et quel que soit le résultat, je pars du principe que j’ai déjà tout gagné ! En effet, depuis août 2017, date à laquelle j’ai quitté mon entreprise, j’ai appris bien plus et j’ai grandi bien plus vite que si j’étais restée salariée. Je me suis tellement enrichie de rencontres et de nouvelles compétences, que même si demain, Sympatoque devait s’arrêter, je n’aurai aucun regret.

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